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impressions italiennes
Je n’ai pas vu assez du pays pour le décrire, 10 jours combinés à d’autres petits séjours ici et là sur quelques années ne suffisent pas pour établir la Vérité au sujet d’un pays. Et bon, la Vérité variant d’une personne à l’autre, je suis loin de pouvoir émettre le jugement ultime.
Mais si je devais résumer: Ce qui est beau est époustouflant, le reste rappelle le boulevard Tachereau.
une “pasfinerie” thérapeutique
Ouais, c’est pas gentil ce que je vais dire ici.
Quand je me claque une petite crise d’ennui de la maison, que je met à imaginer le Québec tout en rose et que j’ai les blues, j’ai découvert un remède infaillible pour contrer cette nostalgie passagère.
Je n’ai qu’à visiter mes blogues favoris traitant d’actualité, et après lecture des billets intéressants, lire les commentaires.
C’est très souvent à pleurer, c’est navrant. Pour un commentaire bien formulé, articulé et logique, ou encore comique, peu importe que je partage l’opinion ou pas, y en a 12 complètement débiles, qui à part donner dans l’insulte plus ou moins vulgaire, ne font que polluer l’échange. Avant l’ère des internets canadiens, fallait proactivement prendre le téléphone et patienter gentiment, pour une durée indéterminée faisant office d’agent de sélection naturelle, en queue d’un système téléphonique avant de pouvoir déverser fiel ou ignorance sur une tribune publique. C’est maintenant devenu d’une simplicité et d’une paresse totale que de le faire en ligne.
Comme quoi, si les humains sont tous égaux, c’est vraiment uniquement en termes de droits, nullement en termes d’acquis.
Jour de l’an à Munich – Cinglés
Le grand défi du nouvel an: ne pas fucker les formulaires administratifs en inscrivant la mauvaise date d’ici à ce que l’habitude soit prise. Qu’est-ce que je suis routinière et peu réceptive au changement, j’en aurai pour un mois avant de m’y faire. Pfft.
Ci-dessous un petit deux minutes de feux sur Munich, nous avions vraiment le meilleur spot en ville pour tout voir. Génial! Ça a pété comme ça pendant un peu plus d’une heure, je dirais.
Perchten
Le défilé des Perchten samedi dernier, tout en percussion, rythme et cris, destiné à effrayer les mauvais esprits.
Ceux-ci étaient plutôt gentils (l’un d’eux m’a même tiré violemment par le bras, dans ma tête du moins) à lui, pour que Népoux puisse prendre une photo – voyez ma face bien photoshoppée pour pas qu’on la voit – alors qu’un autre m’a frotté la tête à en arracher ma tuque. Bref, ils étaient tout doux et interactivement gentils, presque socialement impliqués quand on y pense, et à motif animal. Parfois, ou selon l’endroit, c’est plutôt sous le thème de la tête de mort, cornes et lances affûtées, aux cris moins joyeux et plus bestiaux. Mais ça valait drôlement le coup.
Autrement plus dynamique que le défilé du bonhomme carnaval.
Permis de manifestation
Peut-être est-ce comme ça à Montréal aussi. Et à New York, et à LA, et à Paris, et ailleurs.
Mais j’ai été étonnée d’apprendre qu’ici, pour qu’une manifestation scandante puisse avoir lieu, il faut obtenir un permis municipal. Me semble que ça va vraiment à l’encontre du concept de manifestations, qui bien sûr n’ont plus beaucoup de spontanéité de nos jours mais qui demeurent tout de même à la base une démonstration du rassemblement et de la grogne plus ou moins organisée de citoyens à l’égard d’un sujet X.
Bref ici, faut avoir le permis, car les forces policières doivent prévoir le coup et les effectifs nécessaires à marcher avec les manifestants, fermer les rues du parcours bien déterminé, et budgeter l’overtime de tout ce beau monde. Pas de permis, pas de manif.
Est-ce comme cela aussi ailleurs, autre que… en Corée du Nord ou en Chine, par exemple?
Le lancer du couteau
Nous sommes allés faire un léger tour du côté d’Oktoberfest.
Highlight de la soirée: un fêtard avancé qui attrape le verre devant lui contenant des ustensiles pour les gens qui désirent manger, qui tente d’en boire le contenu sans succès, qui développe une paranoïa et se déclare victime d’un mauvais tour, quelqu’un a dû déposer dans son verre des couteaux et des fourchettes.
Et du coup, de les lancer au le sol dans toutes les directions, par petites poignées.
Éruption du pylône – Ajout
Je pense en avoir déjà parlé mais je ne retrouve plus le billet, alors je remet l’image pour illuminer vos papilles artistiques.
C’est commencé. Une immense structure métallique soi-disant artistique est présentement en éruption près de chez moi. Ça rappelle drôlement un pylône électrique. Dommage d’avoir investi des millions d’euros pour ce truc, y en a plein des vieux qui traînent quelque part chez Hydro-Québec des suites de la crise du verglas. La ville de Munich aurait pu en avoir toute une forêt pour le même prix.
Je ne remet aucunement en question le programme municipal de soutien aux artistes et au développement culturel ou artistique des rues de la ville (un pourcentage de la somme investie dans les travaux de construction ou d’aménagement effectués par la ville est destiné à l’achat d’une oeuvre d’art qui ornera le lieu des travaux en question). Je ne comprend pas la démarche artistique derrière notre futur pylône (faut rappeler que les infrastructures électriques ici sont invisibles, tout est souterrain) qui de ce fait bénéficiera en originalité vu la rareté de l’offre pylonique locale. Soit, cette oeuvre en question n’est pas à ma portée.
Mais considérant que quelques millions ont été déboursés pour le pylône, la ville n’aurait-elle pas pu choisir d’encourager un artiste local? Ou du moins, national?
Plutôt qu’étranger, tel que c’est le cas présentement?
AJOUT
Ok, plus de détails. La structure s’appelle “Mae West”. De Rita McBride, née dans le midwest américain, et vivant à NY ainsi que partiellement à Köln (c’est pas la Bavière, mais au moins c’est au pays). Réputation mondiale, semblerait-il. Sur son site web, on peut voir live par webcam l’éruption du truc.
Vous pouvez voir ici, si vous voulez:
Webcam du futur Mae West.
It's that time of the year
Oktoberfest.
Qui commencera dans une semaine et se terminera 2 semaines plus tard. Festival de l’ivresse joyeuse et second moment annuel de relâchement complet des habitants de la ville (le premier étant le jour de l’an).
Le flot de touristes commencera à envahir la ville dans le courant de la semaine, mais c’est déjà commencé. Les italiens sont déjà là. En cette semaine pré-Oktoberfest, la bavaroisité bat déjà son plein. Au centre-ville, c’est partout: les chapeaux à plumeau, les ledderhosen, la musique live aux 50m.
Un petit extrait pour vous mettre dans l’ambiance.
Un
Marketing surprenant
En marchant vers le bureau ce matin, j’ai trouvé une clé. Oh non, quelqu’un a perdu sa clé. Mais par chance il y avait un petit porte-clé avec avec une adresse web. La famille Beimer. Népoux fut tout de suite suspicieux – un soap télévisé allemand traite de la famille Beimer. Pour ma part, ne regardant pas les soaps télévisés allemands, je n’ai bien sûr jamais pensé plus loin que la possibilité de faire une bonne action.
Note sur les soaps: ce type d’émissions télévisées se nomme ainsi car à l’origine, elles étaient produites par les manufacturiers de produits ménagers qui finançaient et commanditaient ces shows – et qui s’adressaient ainsi directement aux consommatrices de leurs produits. Du moins, j’ai lu ça quelque part, mais comme je l’ai lu sur INTERNET, ça doit être vrai.
Népoux avait entièrement raison: 25 000 clés ont été “perdues” à travers le pays. Celui qui en trouve une est invité, sur le site web, à participer à un concours pour potentiellement gagner une diversité de prix (vélos, téléviseurs, ordinateurs… ou la chance d’une vie de décrocher un rôle dans la série).
Je n’avais jamais rencontré une telle forme de promotion, qui se joue réellement sur la bonne intention des personnes. Pas mal.
Poutine
Non pas comme dans politique russe, mais comme dans art (ouais bon, pas nécessairement, mais à défaut de synonyme…) culinaire bien de chez moi. Désolée pour ceux qui espéraient un post intellectuel à la lecture du titre, c’est loupé, ce n’est pas le cas du tout. D’ailleurs, ceux-ci se font très rare, l’essentiel de mon intellectualismariat étant dévoué au boulot et frôlant l’inexistence lors du retour à la maison. Ledit retour qui, ces temps-ci, s’effectue lors du moment d’aller faire dodo. Et comme mon cerveau est limité, y a pas de miracle.
Alors, OUIIII, j’ai découvert grâce au blogue d’une autre expat qu’il y a un resto pas très loin de chez moi qui s’appellle M POUTINERIE, et qui sert, bien sûr, de la poutine.
Pas que ce soit un désir quotidien d’en manger, mais à l’occasion, j’aime – je l’admet. La poutinerie en question est dans Schwabing (le plateau mont-royal du Munich), donc vraiment pas loin. Il semblerait qu’ils utilisent le vrai fromage qui fait squiiick, mais tant que je n’en aurai pas la preuve, je préfère conserver mes illusions au niveau du plancher des vaches question d’éviter la déception. J’ai un trop vif souvenirs d’avoir, alors que je vivais à Toronto (oh mais quel coup de vieux, j’y ai célébré le passage au nouveau millénaire) mangé une wannabe-poutine pourtant reconnue comme the real deal faite avec de la mozzarella râpée toute droit sortie du sac d’une de nos grandes multinationales faisant la fierté de nos voisins les canadiens. Frisson.
Tiens, nous avons justement négligé de faire les courses, avec plus ou moins rien à manger pour demain, du moins rien d’intéressant – rappelons que tout est fermé le dimanche ici sauf les restos. Parenthèse culturelle, si ça semble très emmerdant au départ, on s’y fait très rapidement et c’est génial, une journée par semaine où toute forme de consommation est proscrite. J’aime beaucoup. J’aime consommer aussi, je tire un certain plaisir à l’achat de trucs particuliers (chaussures, gadgets en provenance du site d’Apple, et à peu près tout ce qui sort d’une quincaillerie) mais j’aime beaucoup ne pas le faire aussi et j’apprécie le choix social fait ici de ne pas succomber au péché commercial dominical.
Outre cette découverte, j’ai dévoué ma journée à l’avancement du projet table à diner qui devient de plus en plus douteux, c’est pas un succès mon truc. Erreur de débutante: commencer un projet en pensant se procurer plus tard des matériaux qui en bout de ligne n’existent pas dans le pays adoptif.
Selon mes prévisions, le projet sera très joli, mais seulement vu de loin.



